L’Anticapitaliste Hebdo du NPA

L’Anticapitaliste hebdo : Les Ehpad dans la tourmente budgétaire… 100 postes supprimés au Havre !

il y a 4 mois, par infosecusanté

L’Anticapitaliste hebdo : Les Ehpad dans la tourmente budgétaire… 100 postes supprimés au Havre !

Commission santé sécu social du NPA

Hebdo L’Anticapitaliste - 698 (07/03/2024)

Les Escales, au Havre sont un des plus grands Ehpad publics de France avec 6 sites, 664 lits et 580 salariéEs. Avec 7 millions d’euros de déficit, 100 postes vont être supprimés, rendant la vie impossible aux salariéEs et aux résidentEs.

Tout un symbole, c’est l’Agence nationale d’appui à la performance qui exige la suppression de 100 postes ! Le service public doit-il être performant, rentable ? Et les personnels, les résidentEs ? L’Ehpad était déjà sous administration provisoire depuis novembre 2023, avec un déficit de 2 millions d’euros. Il explose aujourd’hui à 7 millions, malgré la suspension de 43 postes vacants, la fin de nombreux CDD, une pause méridienne non rémunérée, le passage en 12 heures de travail, « sans prendre en considération qu’au bout de 6 h 30, il y a une baisse inévitable de la vigilance », note la CGT. Sans parler des coups de pression sur les personnels et des atteintes aux libertés syndicales. Conséquence, de la souffrance au travail et un taux d’absentéisme qui explose à 20 %. Le ratio personnel/résidentEs est d’une personne pour 12 le matin, une pour 15 l’après-midi. Il n’est pas rare qu’à Caucriauville, il n’y ait que 2 personnes pour 44 résidentEs. Alors avec 100 postes en moins sur 580 !

La crise est structurelle
Avec la crise du covid et la fuite des personnels, le gouvernement a été contraint d’augmenter un peu les maigres salaires, de revaloriser un peu le travail de nuit et de week-end. Cela n’a fait que creuser les déficits, puisque dans le même temps, il a refusé d’augmenter les budgets Sécu qui les financent ! Les budgets augmentent moins que l’inflation, les factures d’énergie et d’alimentation explosent, les pénuries de personnels obligent à jongler avec l’intérim, beaucoup plus cher. La crise est structurelle ! Voilà pour la partie soins du budget des Ehpad, prise en charge par la Sécu. Mais il y a aussi une partie hébergement (hôtellerie, restauration…), payée par les résidentEs et leurs familles avec une aide des départements en fonction des revenus, dont la hausse est limitée par un taux directeur fixé par les départements. En 2023, la hausse des taux directeurs tournait autour de 3 %, bien moins que l’inflation ! Les départements exsangues veulent limiter leurs dépenses, et les tarifs pour les résidentEs sont déjà largement supérieurs aux retraites.

Tous les Ehpad sont menacés !
En deux ans, les moyens des Ehpad publics ont chuté d’un milliard d’euros. On est loin des 50 000 postes promis pour les Ehpad par Elisabeth Borne en juillet 2022. Seuls 1 000 nouveaux postes ont été créés en 2023 ! À l’Ehpad du Havre, issu de la fusion de 6 établissements en déficit, s’ajoutent la construction d’un nouveau bâtiment, en zone inondable, qui explose le budget d’un million d’euros, et des choix hasardeux des directions, des achats de repas au centre hospitalier du Havre. À Rouen, tout proche, l’Ehpad La Pléïade a un déficit d’un million d’euros, l’Ehpad des Quatre Saisons du CHU Saint-Julien est lui aussi en déficit. Le projet de transfert, de rachat et de mise aux normes des locaux de ces établissements par le centre hospitalier de Sotteville-lès-Rouen pose les mêmes questions !

Public ou privé, on l’a vu avec le scandale et la montagne de dettes d’Orpea (9 milliards), du groupe Clariane (ex-Korian, 4 milliards), ou la liquidation du groupe Medicharme qui laisse dans l’incertitude 2 000 résidentEs, ce sont toutes les structures d’accueil des personnes âgées dépendantes qui sont dans la tourmente.

Les salariéEs du Havre qui venaient d’apprendre la suppression des 100 postes ont manifesté devant la sous-préfecture le 29 février, envahi l’hôtel de ville, organisé une conférence de presse avec le secrétaire de l’Ufmict-CGT, et distribué des tracts à la population. Le refus des suppressions de postes rend encore plus actuel notre combat pour un service public de qualité de la perte d’autonomie, au domicile ou en institution, financé à 100 % par les cotisations sociales, et pas par nos maigres retraites, avec un budget Sécu à la hauteur pour le personnel, le temps et la formation nécessaire pour « rajouter de la vie aux années, et pas seulement des années de vie ».

Commission santé sécu soci