L’hôpital

France Info : Absence de clim, opérations déprogrammées, 36 degrés dans les chambres… La colère des patients et du personnel hospitalier face à la canicule

il y a 3 semaines, par infosecusanté

France Info : Absence de clim, opérations déprogrammées, 36 degrés dans les chambres… La colère des patients et du personnel hospitalier face à la canicule

Publié le 24/06/2026

Article rédigé par France 2 - M.Larguet, O.Gardette, V.Canaux, C.Proult, @Revelateurs FTV, A.Lopez - Édité par l’agence 6Medias France Télévisions

Les médecins hospitaliers et leurs patients poussent un coup de gueule. L’hôpital est en surchauffe. Face à la canicule, beaucoup d’établissements ne sont pas prêts. La température des chambres dépasse facilement les 30 degrés.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Un père en colère nous a fait parvenir une vidéo. "Là, nous sommes dans les couloirs de la maternité. Plus on est au sud, plus il fait chaud. Cette nuit, il y a eu carrément une auxiliaire puéricultrice qui a fait un malaise. Elle a été perfusée pour la réhydrater", affirme-t-il.

Il a fait 42 degrés(Nouvelle fenêtre) à Bordeaux (Gironde) mercredi 24 juin, et pas un brin d’air frais dans la chambre d’une maternité. "Ils nous ont dit qu’on avait l’air conditionné. Mais non. Il est 13 heures, ça ne va qu’augmenter jusqu’à 37 degrés d’ici ce soir. Cette nuit, il a fait 33 à 34 degrés dans la chambre. À partir de 22 heures, on pouvait ouvrir la fenêtre parce qu’il faisait plus chaud dedans que dehors", partage Matthieu Barrère, jeune papa.

Pas d’autre choix que de se débrouiller pour rafraîchir les premières heures de son enfant et de la mère. "J’ai demandé à un ami qui m’a prêté une climatisation portable. Je l’installe pour que madame puisse dormir un peu. Quand ils ont vu que j’avais ramené une clim, deux papas sont partis en louer une aussi", assure le père de famille.

Le coup de gueule des soignants
Sur les réseaux sociaux, les soignants alertent : l’hôpital a chaud. Il a fait 36 degrés dans une chambre du service d’oncologie de Chartres (Eure-et-Loir) où le système D est partout. Des couvertures de survie ont été installées à l’extérieur comme à l’intérieur des chambres. Objectif : faire baisser la température à tout prix. Dans les bureaux, ce sont des cartons qui servent de pare-soleil.

Un urgentiste dénonce l’impréparation générale. "On nous met du jour au lendemain dans une situation non anticipée par le gouvernement et par tous les gouvernements successifs. On ne peut pas dire qu’on soit dans les meilleures conditions pour traiter cette crise. À chaque fois, l’hôpital n’en sort pas indemne parce que l’hôpital est en situation de stress permanent", fustige Wilfrid, urgentiste et porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF).

Mercredi 24 juin, plusieurs hôpitaux ont activé le plan blanc, un dispositif de crise pour faire face aux situations sanitaires exceptionnelles.