France Info : Santé mentale : "Nous devons aller vers le zéro contention en 2030", déclare Stéphanie Rist
La mesure était très attendue par les familles de malades et par les psychiatres qui jugent les sanglage non seulement maltraitant mais aussi inefficace.
Article rédigé par franceinfo Radio France
Publié le 02/06/2026
Pour la deuxième année consécutive, la santé mentale a été déclarée grande cause nationale. Un rendez-vous interministériel a lieu mardi 2 juin à 14 heures sur le sujet. Les ministres de la Santé et de l’Éducation, Stéphanie Rist et Édouard Geffray vont officialiser certaines mesures. "Nous devons avoir cette volonté politique forte, que dans notre pays, il n’y ait plus de contention en 2030, a annoncé sur franceinfo Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées, au sujet des camisoles de force. Nous devons aller vers le zéro contention en 2030".
La contention mécanique est utilisée en cas de crise à l’hôpital psychiatrique mais aussi dans les services d’urgences. Ce sont le plus souvent des sangles qui maintiennent le patient allongé sur un lit quand il est très agité et qu’il risque de se blesser ou de blesser quelqu’un. Cette méthode est décriée par une grande partie des infirmiers et des psychiatres qui y voient de la maltraitance, et un traitement inefficace, qui aggrave même parfois l’état des malades.
"Nous devons avoir cet engagement collectif"
"Un établissement sur dix en France est engagé dans ce zéro contention, que ce soit à Marseille, à Bordeaux, à Lyon. Il y a des pays, la Norvège, l’Espagne, qui sont à plus de 90% de diminution de leur contention", a-t-elle souligné, mettant en avant des exemples étrangers.
La ministre a insisté sur la nécessité d’un accompagnement global pour atteindre cet objectif, estimant que la question ne se limitait pas aux effectifs. "Pour cela, ce n’est pas uniquement plus de professionnels, il faut un nombre de professionnels adaptés, il faut des locaux adaptés et il faut surtout une formation de toute l’équipe de l’aide-soignante au médecin", a-t-elle détaillé.
Stéphanie Rist a appelé à un engagement dans la durée. "Ça prend du temps. Évidemment, ce n’est pas du jour au lendemain, mais nous devons avoir cet engagement collectif", a-t-elle conclu.