Ebola

Liberation.fr : « Aujourd’hui, j’ai vu encore plusieurs enterrements » : dans l’est de la RDC, Ebola prospère sur les ruines de l’Etat

il y a 1 semaine, par infosecusanté

Liberation.fr : « Aujourd’hui, j’ai vu encore plusieurs enterrements » : dans l’est de la RDC, Ebola prospère sur les ruines de l’Etat

Dans l’Ituri, la flambée d’un variant rare du virus frappe une région déjà dévastée par les conflits armés. Sans vaccin homologué, les autorités redoutent une propagation régionale incontrôlable alors que l’OMS a déclaré, ce dimanche, l’état d’urgence internationale.

Publié le 17/05/2026

Déclarée officiellement il y a quelques jours dans la province de l’Ituri, l’épidémie circulait probablement depuis plusieurs semaines. Cette résurgence inquiète fortement les autorités sanitaires locales et internationales, d’autant qu’elle touche une région déjà fragilisée par les conflits armés, les déplacements massifs de population et l’effondrement des infrastructures de santé. Les premiers foyers ont été signalés dans la zone de santé de Mongbwalu, une cité minière où des milliers de mineurs artisanaux creusent et tamisent avec des outils rudimentaires pour extraire quelques grammes d’or.

« Il y a eu beaucoup de décès. Encore aujourd’hui, j’ai vu plusieurs enterrements », affirme Daniel Mupenda à l’autre bout du fil, un jeune homme qui travaille sur la mine. Il ajoute que les précautions et mesures d’hygiène sont inexistantes. « Les gens ici pensent que c’est de la magie noire, ils ne connaissent rien à la maladie. Moi, je suis au courant des risques car j’ai été traceur de contacts lors de précédentes épidémies, explique-t-il. Il faut vraiment que le gouvernement fasse vite pour sensibiliser la population. »

« La peur s’installe »
Rapidement, des cas suspects ont également été recensés à Bunia, la capitale provinciale de l’Ituri, où vit près d’un million de personnes. Selon les chiffres communiqués par le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) et les autorités congolaises, plusieurs centaines de cas suspects ont déjà été identifiés et des dizaines de décès enregistrés.

Des équipes médicales ont été déployées pour tenter de contenir la maladie, en renforçant le dépistage et le traçage des contacts. « La peur s’installe. Je me demande même si je vais envoyer mes enfants à l’école lundi », se demande Issa Ali Hassan, secrétaire au cabinet du gouverneur. « Les autorités prennent cela très au sérieux. Le ministre de la Santé est venu ce dimanche depuis Kinshasa pour évaluer les capacités de réponse. Mais nous allons avoir besoin de l’aide des partenaires internationaux. »